Clip & Danse

Quand le clip fait corps

Ce jeudi se tient au mk2 Quai de Loire la troisième édition du festival, consacrée à la question du corps dans le clip. Pour l’occasion, on vous a préparé un petit best of subjectif et non exhaustif de nos dix clips de danse préféré. Enfilez vos plus beaux chaussons et suivez bien la cadence. Et pour en voir encore plus, rendez-vous le jeudi 30 janvier 2020 au mk2 Quai de Loire à 20h.

Kanye West – Fade

Réalisé par Eli Linnetz, 2016  

Si Fade est un hommage assez évident à Flashdance, Kanye West et Eli Linnetz citent également parmi leurs nombreuses sources d’inspirations les Jeux Olympiques, la pornographie des années 1980 et les films de John Carpenter (entre autres). La performance à couper le souffle de Teyena Taylor (qui n’était même pas la danseuse prévue initialement et qui a accouché seulement huit mois avant le tournage) est en tout cas remarquée, tout comme la chorégraphie, signée Jae Blaze, qui remporte de nombreux prix.

Kate Bush – Wuthering Heights

Réalisé par Keith “Keef” MacMillan en 1978

Dès son premier single, Kate Bush se démarque et dessine les contours de son univers unique : Wuthering Heights marque les esprits par son esthétique décalée et par la performance ultra contemporaine de la chanteuse. Il existe en réalité une autre version du clip (réalisée par Nick Abson) où Kate Bush danse non pas dans les landes mais dans une pièce sombre, vêtue de blanc et non de rouge et éclairée par des lumières multicolores. En ce qui concerne la chogréaphie, la chanteuse explique s’être grandement inspirée du mime américain Lindsay Kemp. Son but était également d’incarner le fantôme de Catherine, l’héroïne du roman qui donne son nom à la chanson. La naissance d’une icône, en somme. 

Florence + The MachineBig God

Réalisé par Autumn de Wilde, 2018

Avec Big God, Florence and the Machine nous livre un véritable bijou visuel, chorégraphié par Akram Khan et la chanteuse elle-même. On ne peut qu’être ébloui par les mouvements des danseuses drapées dans des voiles aux couleurs pastel et par leur reflet dans l’eau. La réalisatrice explique avoir voulu explorer l’idée de la féminité comme force, ainsi que le thème de la sorcellerie. Elle déclare également à propos de ce clip éthéré et énigmatique qu’il représente « le pouvoir que l’obscurité du désir peut nous donner quand, seuls, nous acceptons notre animalité intérieure ». Tout simplement.

Christina AguileraDirrty

Réalisé par par David LaChapelle, 2002   

Ah ! Les jeans taille basse ! Les mèches noires dans les cheveux platine ! Le piercing sous la lèvre ! Pour son hymne 2000s Dirrty, Christina Aguilera voulait une vidéo qui ne soit « ni brillante, ni jolie ». Si elle casse ainsi pour la toute première fois son image lisse de girl next door et s’impose comme un sex-symbole incontesté, elle y exploite aussi ses talents de danseuse dans une chorégraphie à couper le souffle. Pour le tournage, Xtina prend d’ailleurs des cours de boxe et plus de cent danseurs sont auditionnés. Décrit entre autres comme une « orgie post-apocalyptique », le clip ne s’en impose pas moins comme une référence absolue dans la pop culture.

ShayJolie

Réalisé par Guillaume Doubet, 2018

Ce clip quasi en plan séquence n’est pas sans faire écho à Fade précédemment évoqué. Plus puissante que jamais, Shay coiffée façon Mia Wallace déambule dans un long appartement tout en réfléchissant métaphoriquement à la question de son image (à la télé, dans un miroir…). Bref, elle crève l’écran (littéralement).

Christine and The QueensChristine

Réalisé par J.A.C.K, 2014

La danse (contemporaine) est omniprésente dans l’œuvre visuelle de Héloïse Letissier alias Chris(tine) : la chanteuse la pratique depuis l’enfance et elle fait partie intégrante de son univers. Parmi toutes les performances de l’artiste, notre préférence va à Christine, tourné à la Salle Pleyel, tout en bleu monochrome et en contre plongée. La chorégraphie est signée Marion Motin, qui a également travaillé sur Saint Claude.

SiaChandelier​​​​​​​

Réalisé par Sia et Daniel Askill, 2014

Autre incontournable lorsqu’on parle de danse : Maddie Ziegler et son incroyable performance (elle avait douze ans !) pour le clip de Sia. Chorégraphié par Ryan Heffington, le clip parle, tout comme la chanson, de folie, de suicide et d’alcoolisme. Il remporte le prix de la meilleure chorégraphie aux MTV Awards de la même année. Même si on les a déjà vu mille fois à la télé, dans les bars et sur YouTube, on ne peut que rester bouche bée face aux mouvements désarticulés de Maddie, à la fois touchante et déstabilisante.

BeyoncéSingles Ladies

Réalisé par Jake Nava, 2009

Qui dit clip et danse dit évidemment Queen B. Une de ses performances les plus marquantes reste selon nous le culte Single Ladies. Si la chorégraphie est effectivement éblouissante, les jeux de lumières permis par le noir et blanc sont eux aussi époustouflants. Tourné en même temps que If I Were a Boy, les deux clips sont réalisés par Jake Nava, un habitué des divas qui a également travaillé avec Mariah Carey ou Britney Spears. La chorégraphie est inspirée par celles de Bob Fosse, un chorégraphe américain ainsi que par les pas de danse de la chanteuse et actrice Gwen Verdon sur le morceau Mexican Breakfast. Autre aspect important : le clip a été tourné en une seule et unique prise. Au moindre faux pas, Beyoncé et ses danseuses devaient reprendre depuis le début…

Michael JacksonBad

Réalisé par Martin Scorsece, 1987

Impossible de ne pas mentionner le king de la pop, du moonwalk et du clip (oui, les trois) dans cette playlist. Le choix était difficile, tant chacun de ses visuels accorde une place importante à la danse, mais c’est Bad que nous avons retenu. Conçu comme un véritable court métrage de 18 minutes réalisé par un maître du cinéma américain, Bad est décrit comme « un conte sur les challenges raciaux et urbains » ; il revisite l’histoire classique du voyou de banlieue et démontre qu’être bad, c’est aussi savoir danser comme un pro dans un costume en cuir.

Kiddy SmileLet A B!tch Know

Réalisé par Louvre, 2016

Vous l’avez peut être découvert à la première édition de TÉMA! dont il faisait l’ouverture… Kiddy Smile, chanteur fièrement queer, et ses acolytes, danseurs de la scène Ballroom parisienne, se livrent à une performance de voguing haute en couleurs entre les barres d’immeuble et les voitures brûlées. Ils rendent ainsi hommage à la danse emblématique de leur communauté tout en se réappropriant l’espace de la cité parisienne, dans une atmosphère street glam qui leur sied bien.